9 novembre 2008

Pauline et son parti

Trois tuiles sont venues tomber sur la tête de Pauline en ce début de campagne.

Les deux premières étaient déjà connues d’elle, le manque de fond pour cette campagne et le rapport de son parti sur son leadership. Par contre, je doute qu’elle avait prévu que le fait de parachuter l’ancien chef des verts, Scott McKay, dans le comté de Jean-Claude St-André virerait à l’affrontement.

Situation financière précaire.

Suite à la raclée subie l’an dernier, le PQ est complètement fauché. Selon Denis Lessard, la formation souverainiste devra concentrer ses efforts dans des comtés qu’elle a perdue la dernière fois, alors que plusieurs de députés auront peu de moyen pour faire campagne, des exemples : Mercier, Matane, Abitibi-est.

Le PQ traîne une dette de 800 000$ au déclenchement de l’élection, ça signifie pas de pub télé et pas de présence de la chef dans les régions éloignées qui sont d’allégeance péquiste.

Même si Pauline se promène beaucoup dans des comtés adéquistes, si chaque organisation locale n’a pas les moyens d’identifier et de faire sortir son vote, ça ne rapportera pas beaucoup de bénéfice.

Elle devrait peut-être commencer par se concentrer sur les comtés péquistes avant de penser aux prochains gains à faire. Un tien vaut mieux que deux tu l’auras.

La perception !!!

Encore selon Denis Lessard, un important rapport interne décrit bien mal Pauline Marois. Êtes-vous prêt, ça fait mal à l’orgueil :

Pauline Marois n’a «Pas de sens du clip», «pas de répartie», elle est «hésitante» elle «écoute trop le monde», «quelques dossiers la suivent (par exemple, la réforme en éducation)» elle est «snob» et «loin des problèmes des gens». Sa méconnaissance de l'anglais pose aussi problème.

Pas vraiment besoin d’ennemi quand un proche collaborateur fait couler un rapport dans le genre.

Ça fait bien longtemps que Pauline est considéré comme une parvenue par la population. Le peuple n’aime pas ça les gens qui ont réussi et d’avoir comme maison un manoir ça aide pas à se rapprocher du monde qui perdent leur job.


L’Assomption, la combative

Pauline Marois a choisi de tasser Jean-Claude St-André, celui qui fut député de ce comté de 1996 à 2007. Elle lui a préférée, un parachuté, Scott McKay, l’ancien chef des verts qui n’a même pas pu obtenir, pour son ancien parti, un petit 4% du vote populaire à la dernière élection générale.

La conséquence de ce geste n’est pas tellement rose pour le PQ. On revoit à nouveau les sempiternelles chicanes de ce parti qui vit souvent dans le passé.

Cet automne, ce parti souverainiste fête ses 40 ans.

Cet événement est à souligné, il s’agit de la première fois qu’un chef du parti québécois désigne ainsi un candidat. René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et André Boisclair ont toujours respecté le choix des militants.

De plus, il s'agit du premier candidat de l'histoire politique québécoise, tous parti confondu, à être investi sans être lui-même présent à son investiture.

Pour la population ce 40e anniversaire signifie 40 ans de chicanes, de confrontations internes, de luttes intestines et surtout deux échecs référendaires.

C’est pour ça que l’an dernier, ils sont devenus la deuxième opposition.


Mon analyse : Dans les meilleurs scénarios libéraux et adéquistes, ils n’avaient pas prévu un aussi mauvais début de campagne pour le PQ.

Ça va tellement mal, qu’hier soir le PQ a lancé, dans la plus grande discrétion possible, sa plateforme électorale.

Devant à peine une trentaine de personnes et sans le faire approuver par le conseil national du PQ, Pauline Marois a lancé sa plate-forme et elle n’a pas cru bon en parler aux journalistes après.

Côté autre mauvaise nouvelle, la FTQ a annoncée aujourd’hui qu’elle n’appuiera pas le PQ pour cette campagne électorale. Les autres centrales syndicales suivront-elles cet exemple ?